Chris Olsen, nu

20Jan08

Chris Olsen

Parfois, certaines soirées nous réservent de belles surprises.
Comme celle d’hier, par exemple.

On m’invite à un spectacle de danse. Je ne vois pas assez de spectacles de danse alors j’accepte. J’ai peu d’attentes car, comme je disais, je ne connais rien à la danse.
Je suis prête à tout.

Cinq tableaux différents les uns des autres. De l’improvisation musique-danse qui me laisse perplexe. De la danse khatak (merci de m’éclairer prospectus) qui me donne envie de m’acheter des «gejje ghungroo» à porter aux chevilles et de tourner sur place ultra rapidement jusqu’à en perdre l’équilibre.

Troisième tableau, la «transformation d’un marécage électronique» qui aurait pu être chorégraphié par Cronenberg, s’il était chorégraphe (…on a les références qu’on a).

Je réalise tout à coup que la danse n’est pas si loin de la musique et du film. Malgré mes craintes, j’ai l’impression d’avoir plus de repères que prévu pour apprécier les performances. Le mélange de douceur entre les chuchotements, les gestes lents, le bruit des pas au sol, qui contraste avec la violence des gémissements, des chutes et des sauts, me captive du début à la fin.

Seated: A practice in dysfonctional support, de Sasha Kleinplatz.

Si vous lisez ceci, c’est peut-être à cause du titre et soit le nom de Chris Olsen vous dit quelque chose, soit c’est la promesse de nudité qui se faire attendre…

Désolée, pas de nudité.

Non, Chris Olsen, aussi appelé «Batteur» par Ghislain Poirier, ne danse pas.
Et je ne l’ai pas vu sans ses jolis vêtements.

Par contre, c’était génial de l’entendre, sans ampli, dans une salle inondée de silence et des regards attentifs, jouer tout doucement avec différents instruments et non-intrusments (les tiges de métal d’un ventillateur), pour offrir une toile sonore aux danceurs (j’ai envie d’écrire acteurs), Karen Fennell, Emma Waltraud Howes et Andrew Turner.

Seated est un processus de recherche dans lequel les danseurs utilisent des chaises pour susciter des intentions qui amènent à repousser les limites de la forme, de la gravité et de la vélocité dans leurs mouvements. En utilisant des chaises comme matériel, l’immobilité du corps est explorée à son plein potentiel et un nouveau sens de l’architecture de la corporalité est découvert; révélant des points de support uniques, l’orientation et la suspension ainsi que le dynamisme acrobatique.

À lire cette description, j’avais aucune d’idée que j’allais être boulversée par la performance. C’est écrit entre les lignes que c’est une histoire de triangle amoureux destructeurs qui vient nous chercher viscéralement? Que les regards dansent autant que les corps dans cette chorégraphie? Et que les corps parlent? Qu’ils entrent dans notre tête et dans notre estomac?

Ça fait du bien de voir autre chose parfois.

J’aurais du filmer, mais je ne connais rien aux règles des spectacles de danse.
La dernière fois, on m’avait avertie.

Faute de pouvoir revoir la performance ce matin, je découvre un peu plus Chris Olsen. Je l’ai souvent vu avec Ghislain, mais je n’étais jamais allée visiter sa page à lui.

Nu, c’est le nom de ce vernissage de danse #136 présenté hier soir au Studio 303. Pas d’autres dates au calendrier pour ce vernissage-danse, mais il y en a d’autres, qui réservent sans doute leurs propres surprises.


2 Responses to “Chris Olsen, nu”  

  1. 1 Caro

    Masterpiece.

    Danse qu’on a juste le goût de voir et de revoir…
    Bravo bravo bravo Sasha Kleinplatz et ses danseurs.

    (Yé! b is for Véro.b is back!;-)

  1. 1 Ghislain Poirier n’était pas nu at :: Vero-b ::

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