Primipare: quel adjectif quand même pour se décrire! Rien à voir avec tout ce que la grossesse inspire de cute. La médecine a cette façon étrange de rendre plates même les états les plus heureux…

Première grossesse et premier accouchement donc. Rien à voir avec tous les autres qui suivront peut-être.

Comme je ne me peux plus d’attendre l’arrivée de notre bébé et que je mets mon statut Facebook à jour à toutes les heures, je me suis dit qu’autant y ajouter un billet sur le blogue, pour en dire encore plus long et m’occuper un peu l’esprit. Mon esprit qui réside d’ailleurs avec le résident ces jours-ci…

C’est vrai que mon seul sujet de conversation depuis les dernières semaines tourne autour de mon nombril et, forcément, d’EABDC. D’ailleurs, ne vous gênez pas pour me retirer de votre liste d’amis ou pour me masquer (si ça se fait encore), parce que s’il se fait encore attendre, la situation ne risque pas de s’améliorer…

(C’est dans la colonne de gauche, tout en bas, lorsque vous vous trouvez sur ma page profil.)

Je peux comprendre que trois statuts par jour qui parlent de la même affaire peuvent finir par vous ennuyer. On a tous notre façon d’utiliser ce réseau et au nord de la 73, Facebook semble être ce qu’il y a de plus pratique pour vous garder un peu dans notre bulle, sans trop percer la vôtre. Pas d’emails, pas d’appels, pas de visites, mais des statuts en quantité!

Je disais donc… insoutenables, ces derniers instants dans la vie d’une primipare. Pas que je n’en puisse plus de porter le poids d’un bébé et du linge de maternité qu’il impose. Au contraire, je me demande jusqu’à quel point il va me manquer, quand je ne le sentirai plus bouger dans mon ventre. Combien on regrettera son silence. Quelle excuse j’aurai pour ne pas faire ci ou ça.

D’un autre côté on a si hâte de compter ses doigts, voir s’il a des cheveux sur le crane et quels yeux il a, dans quels kits de pyjamas on pourra l’instagrammer pour la première fois, s’il boira comme un pro (et le degré de douleur qui viendra avec cet instant «privilégié»).

On voudrait savoir s’il s’annoncera en pleine nuit, au milieu d’une tempête de neige, aujourd’hui, demain, la semaine prochaine.

On nous dit d’en profiter, de se reposer, mais d’un autre côté on a tous entendu les histoires de longues marches et de lavage de plancher à quatre pattes pour faire avancer le travail. C’est impossible pour une primipare d’être tout à fait zen je crois. Il y a trop d’inconnu. Trop d’incertitude. Trop de nouveauté dans son corps. Et trop d’avenir.

Tout le monde met l’emphase sur la naissance de l’enfant, mais lorsqu’il est le premier, il fait naître sa mère avec lui. Son père aussi. On se prépare à entrer dans une saison inconnue. Celui qui n’a jamais vu la neige, il met quoi dans sa valise pour voyager en pays nordique?

Je pense qu’il se dit qu’il achètera le kit qu’il faut une fois rendu!

C’est difficile d’accepter qu’on a peu de contrôle sur l’échéancier et la suite des événements. À chaque contraction, on se demande si c’est la première d’une série qui nous mènera à la maternité. Depuis les deux dernières semaines j’ai pensé accoucher au moins six fois…

Bien sûr, on sait admettre que nous ne sommes pas les premiers à devenir parents, mais ça ne change pas le fait que pour nous, c’est notre première fois. S’il n’y avait qu’un chemin vers ce nouveau monde, on suivrait le plan et tout serait certainement plus simple, mais tellement moins excitant!

On sait se convaincre que tout ira bien. On vous voit être heureux et on vous croit. Mais on a hâte d’avoir notre histoire à nous à raconter aux futures mamans, plutôt que de parler de ce qui ne passe pas.


8 Responses to “Les derniers moments dans la peau d’une primipare”  

  1. 1 Nicolas Roberge

    C’est chaque moment, comme ceux-ci, qui sont importants. Oui tu risques de t’ennuyer de la grossesse, mais la prochaine étape sera autant fascinante. Les miens vieillissent et je profite ce que leur âge nous permet de faire avec eux. Je m’ennuis du micro-bébé que je tenais à leur naissance, mais j’ai beaucoup de plaisir de jaser et rigoler avec eux aujourd’hui. Je te souhaite une belle fin de grossesse et un bel accouchement.

  2. 2 Odette Desbiens

    Quel beau texte Véronique! Merci de le partager avec nous.

    Je suis fébrile avec vous. xxx

  3. 3 Vero.b

    @Nicolas: J’ai hâte à la suite aussi! Merci pour les souhaits!

    @Odette: Ça fait du bien d’écrire, mais c’est cet échange (avec les commentaires) qui est le plus nourrissant. Merci x

  4. 4 photosmax

    Je suis un peu jaloux de ce que vous allez vivre dans les prochaines semaines, c’est un moment tellement fort de la vie. Profitez-en, croquez dedans, imprimez ça dans vos souvenirs… amusez-vous !

    Et, je ne t’enlèverai certainement pas de mes amis FB… il se dit tellement de choses autrement plus insignifiantes que l’arrivée d’un enfant !

  5. 5 Vero.b

    Merci Max ;)

  6. 6 François C.

    À un stade moins avancé, nous vivons, ma douce et moi un bonheur similaire. Merci pour ce input très personnel mais oh combien universel. Bonne continuation.

  7. 7 Virginie Faucher

    Superbe texte! Je l’ai découvert grâce à ton chum qui partage (beaucoup!) sur FB! ;)

    Je suis dans la même situation, à un mois près… que d’anticipation! C’est vrai que le lien que l’on développe avec le bébé ‘de l’intérieur’ risque de nous manquer (ça, et notre raison toujours valide de manger du chocolat), mais l’aventure qui s’en vient promet de nous transformer, de faire de nous une nouvelle personnne… et de comprendre un peu ce que nos parents ont vécu et à quel point ils nous aiment!

    Bonne chance pour les prochains jours!

    Virginie xx
    (voisine de bureaux avec CFD :) )

  8. 8 Vero.b

    Bonne attente à vous deux! x

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